OLF-PCN : Formation des OSC partenaires de CREUSET TOGO, dont TTA, sur la protection de l’enfant.

OLF-PCN : Formation des OSC partenaires de CREUSET TOGO, dont TTA, sur la protection de l’enfant.

L’année 2025 commence sous de bons auspices. Du 13 au 14 février 2025, l’équipe exécutive de l’association Togo Ta Alafia (TTA) a participé à un atelier de renforcement des capacités sur la protection de l’enfant, organisé dans la salle de réunion de ladite association. L’atelier a été animé par l’équipe de l’ONG CREUSET TOGO, sous la direction de son Directeur Exécutif, M. Bruno MOUKPE.

Cette session de deux jours, réunissant 30 participants dont 6 membres de TTA et 10 femmes présentes, s’inscrit dans le cadre du projet OLF-PCN (Organisation Locale Forte contre les Pratiques Culturelles Néfaste). Ce projet, financé par KIRA et BMZ, est mis en œuvre par CREUSET TOGO en partenariat avec quatre OSC (JEC, TTA, FSD, ACDIH) intervenant dans les communes de Tchaoudjo2, Kozah2, Kozah3 et Kozah4.

Pendant ces deux jours, les participants ont été outillés sur le cadre juridique de la protection des enfants, et sur la politique de sauvegarde de protection des enfants et jeunes. En effet, Il est important de souligner que cette politique est très capitale pour chaque structure travaillant pour la protection des enfants et jeunes.

La facilitation a mis en évidence l’importance d’impliquer les enfants et les jeunes dans l’élaboration de ce document. En effet, cette politique vise d’une part à protéger les enfants et, d’autre part, à s’appliquer à tous les membres de l’organisation et ses partenaires.

L’assistance a été également outillé sur l ‘élaboration d’un registre de risques, le rôle d’un travailleur social et les techniques de prise de photos.

La méthodologie adoptée a été participative, basée sur des travaux de groupe, des présentations, suivis de débats enrichissants.

Le directeur exécutif de CREUSET TOGO a une nouvelle fois salué l’engagement et la contribution active de toutes les organisations, y compris TTA, dans la réussite des activités du projet, tant sur le terrain que lors des séances de rencontre des formations.

Les participants ont exprimé leur gratitude envers l’ONG CREUSET TOGO pour l’engagement envers l’épanouissement des enfants et l’émergence d’autres structures dans cette thématique.

De son côté, l’équipe exécutive de TTA a renforcé ses compétences en matière de protection de l’enfant et se sent désormais prête à collaborer avec les autres acteurs pour garantir le bien-être de chaque enfant.

Essodom KANGAYO, coordonnateur TTA

600 Enfants bénéficient d’un jugement supplétif grâce au projet de l’Association Togo Ta Alafia, financé par Schmitz-Stiftungen.

Dans le cadre de son engagement pour la protection des droits des enfants, l’association Togo Ta Alafia a lancé un projet crucial visant à régulariser la situation des enfants sans acte de naissance. Ce projet, financé par Schmitz-Stiftungen, a permis de mettre en place des jugements supplétifs pour 600 enfants résidant dans les communes Kozah 1 et 2.

Après avoir complété les démarches auprès des autorités judiciaires, le projet est actuellement dans sa phase de transcription des actes de naissance au niveau des mairies des zones cibles. Cette étape essentielle permettra à ces enfants d’acquérir un acte de naissance officiel, garantissant ainsi leurs droits fondamentaux, tels que l’accès à l’éducation, à la santé et à la citoyenneté.

Il est important de souligner qu’un nombre considérable d’enfants restent encore sans acte de naissance. Suite à nos investigations et à l’identification pour la prise en charge de 600 enfants dans le cadre de ce projet, nous avons constaté un excédent de près de 100 enfants supplémentaires qui se trouvent dans la même situation. Nos ressources actuelles étant limitées, nous avons dû nous concentrer sur les 600 enfants, laissant ainsi une centaine d’autres encore sans identité, inconnus de l’État. De plus, nous recevons occasionnellement des appels de parents ou de proches d’enfants non enregistrés, exprimant leurs difficultés et sollicitant notre aide, mais nous nous voyons dans l’incapacité de répondre à leurs demandes faute de ressources suffisantes. Il devient donc impératif d’envisager une nouvelle phase du projet, et d’étendre notre appel à toute personne ou organisation prête à soutenir notre cause, afin de garantir à ces enfants le droit fondamental à une identité.

Toutefois, il convient de souligner que la procédure d’établissement d’un jugement supplétif est relativement simple. En effet, il suffit de soumettre une demande auprès du Président du tribunal de grande instance du lieu de naissance, accompagnée de la somme de 5000 FCFA, et d’espérer un délai de traitement relativement court. Une fois en possession du jugement supplétif, il est essentiel de procéder à sa transcription à l’état civil de la mairie du lieu de naissance.

Togo Ta Alafia tient ainsi à exprimer sa sincère gratitude à Schmitz-Stiftungen pour son soutien financier déterminant, ainsi qu’aux autorités locales et aux partenaires impliqués dans la mise en œuvre de cette initiative. Grâce à ce projet, nous espérons contribuer à la réduction des inégalités et à l’amélioration de la situation juridique des enfants dans ces communautés. La prochaine phase portera sur la remise officielle des naissances, couplée des séances de sensibilisation qui seront organisées dans différentes zones concernées.

L’acte de naissance, un document d’avenir pour chaque enfant.

L’absence d’un acte de naissance plonge un enfant dans une situation d’extrême vulnérabilité, entravant son accès à des opportunités fondamentales, notamment l’apprentissage d’un métier. Ce document officiel, souvent considéré comme une formalité, est en réalité la clé d’acquisition de toute reconnaissance. 

Kiséré, un jeune de Sarakawa dans la région de la Kara, rêve d’apprendre un métier pour améliorer ses conditions de vie et devenir autonome. Cependant, l’absence de son acte de naissance constitue un obstacle majeur à la réalisation de son projet. En effet, pour accéder à des centres de formation professionnelle ou à des programmes d’apprentissage, il est impératif de présenter des documents administratifs attestant de son identité et de son âge. Sans cet acte, Kiséré se voit exclu des opportunités qui pourraient lui offrir une chance de se construire un avenir.

Consciente de cette situation, l’association Togo Ta Alafia prend en charge Kiséré dans le cadre de son projet « Un Enfant, Une Identité ». Ce projet a pour objectif d’aider des jeunes comme Kiséré à obtenir un jugement supplétif, afin de régulariser leur situation administrative. Grâce à l’accompagnement de l’association, Kiséré pourra bientôt se voir attribuer un acte de naissance, lui offrant ainsi une existence légale et l’accès aux programmes de formation qui lui permettront de se former à un métier.

L’engagement de Togo Ta Alafia vise à briser le cercle de marginalisation dans lequel des jeunes comme Kiséré se trouvent, en leur offrant la possibilité de devenir des acteurs autonomes et productifs dans la société. Grâce à ce soutien, Kiséré pourra enfin espérer un avenir meilleur, loin des conditions précaires et de l’exploitation auxquelles il était exposé en raison de son absence d’identité légale.

Pour Kiséré, c’est un véritable soulagement. Il se sent enfin rassuré et rempli d’espoir, car grâce à l’accompagnement de l’association Togo Ta Alafia, il pourra désormais suivre une formation en toute sécurité et, surtout, avec la certitude que ses droits sont protégés. Ce soutien marque un tournant décisif dans sa vie, lui ouvrant les portes d’un avenir prometteur qu’il pourra désormais construire sur des bases solides.

L’Acte de Naissance : un avenir sauvé pour un Enfant en conflit avec la Loi.

L’Acte de Naissance : un avenir sauvé pour un Enfant en conflit avec la Loi.

De façon conventionnelle, l’âge est un élément déterminant dans l’application des lois nationales et internationales sur la justice juvénile. Le Togo, signataire de la Convention relative aux droits de l’enfant, garantit un traitement spécifique pour les mineurs en conflit avec la loi. Cependant, sans preuve de leur minorité, ces enfants deviennent des proies de la loi au lieu d´en profiter.

L’exode rural, qui est un phénomène de migration des jeunes et même des enfants des milieux ruraux vers les villes, oblige souvent ceux-ci, issus de familles pauvres, à partir à la recherche d’une vie meilleure.

Dans leur aventure, certains sont soumis à des travaux forcés, à la mendicité ou au vol. Le plus souvent, les parents de ces enfants n’ont aucune idée de la direction prise par leurs enfants. Pour certains, ils sont partis au Nigeria ou au Ghana, pays voisins, à la recherche d’une vie meilleure et reviendront plus tard. Pour d´autres parents encore en situation irrégulière ou de séparation/divorce, l´enfant aurait rejoint l´autre conjoint(e) vivant dans une autre ville. Alors que souvent, l’enfant serait détenu(e) en prison pour délit.

L’association Togo Ta Alafia, dans le cadre de l’exécution de ses activités sur le terrain concernant l’importance des actes de naissance dans le projet « Un enfant, une identité », a constaté la détention et la garde de nombreux enfants et jeunes sans acte de naissance.

L’acte de naissance est un document fondamental qui assure la reconnaissance juridique d’un enfant. Pour un enfant en conflit avec la loi, comme ceux de la prison de Kara, l’absence d’acte de naissance pour ces enfants détenus, dont le plus souvent leur provenance ou lieu d’habitation est ignoré, complique considérablement leur situation. En effet, sans preuve d’âge, il devient difficile de déterminer si un individu est mineur ou majeur. Cela rend des décisions difficiles et des traitements inappropriés, puisque l’absence d’acte de naissance empêche les autorités de déterminer si les sanctions infligées aux enfants respectent le cadre légal prévu pour les mineurs. Alors qu’ils devraient bénéficier de peines éducatives ou de réhabilitations, certains se voient appliquer des peines disproportionnées ou ne bénéficient pas de l’accompagnement nécessaire pour leur réinsertion sociale.

Le Code de l’enfant du Togo, qui régit les droits des enfants et la justice juvénile, vise à garantir une protection renforcée des mineurs en conflit avec la loi. Il établit pourtant des mesures de protection et de rééducation adoptées aux enfants, afin que les sanctions soient à la fois éducatives et réhabilitatrices, et non punitives de manière disproportionnée.

Il paraît également important de souligner que la difficulté des autorités à identifier avec exactitude l’âge d’un enfant en conflit avec la loi empêche une prise en charge adaptée à son développement physique, psychologique et émotionnel. Cela aggrave sa vulnérabilité et compromet ses chances de sortir de la détention, avec pour conséquence d’être souvent oublié dans ces milieux d’incarcération.

Les échanges avec le juge pour mineur, dans l’optique de comprendre pourquoi, pour un délit commis par un enfant, celui-ci passe plus de trois mois en détention, les réponses du juge pour enfant nous ont amené à nous engager pour leur cause :

«Le plus souvent, les enfants que nous détenons ici en cellule, à la prison de Kara, dans le quartier des mineurs, viennent de contrées très éloignées dont nous n’avons aucune connaissance. Ces enfants, après avoir commis un délit, sont directement conduits au commissariat de police où ils sont gardés pendant trois jours, durant lesquels leurs parents doivent venir payer la caution pour le dommage causé ou même effectuer les formalités nécessaires à la libération de leurs enfants. Selon la loi, après trois jours passés au commissariat sans nouvelle d´un parent, le commissariat devrait envoyer l´enfant chez le juge pour enfants. Je n’ai pas de place ici pour garder un enfant. Par conséquent, ces enfants sont envoyés en garde à vue, dans le quartier des mineurs, où je ne peux pas non plus prendre la décision unilatérale de libérer un enfant sans avoir rencontré l’un de ses parents. Je n’ai aucune envie de garder un enfant ici longtemps, mais la loi m’interdit de libérer un mineur sans avoir vu l’un de ses parents ou tuteur. Le grand problème, c’est que ces enfants mentent sur leur provenance et ne donnent pas leur âge, d’autant plus qu’ils n’ont pas d’actes de naissance, comme l’a rapporté le juge des enfants.

Cette situation a des répercussions profondes sur les droits et l’avenir des enfants détenus. Privés de reconnaissance juridique, ces enfants passent des années en détention et risquent de rester en marge du système socio-éducatif après leur libération. Leur invisibilité administrative les exclut des programmes d’éducation, de santé et de réhabilitation, les rendant plus susceptibles de récidiver ou de sombrer dans la marginalisation.

L’association Togo Ta Alafia, soucieuse du bien-être socioculturel et éducatif des enfants et jeunes de la région de la Kara, n’a ménagé aucun effort pour se rendre à la prison de Kara pour prendre contact avec ces enfants et les écouter. Après avoir écouté les enfants, l’association a décidé de collaborer avec la cour d’appel de Kara, qui nous a permis, par le biais d’une ordonnance, d’organiser des causeries éducatives avec ces enfants et de mener des enquêtes sociales afin de retrouver leurs parents et mieux les aider. Il est important de souligner que l’association Togo Ta Alafia veillera à établir des jugements supplétifs pour les enfants de la prison de Kara qui n’ont pas d’acte de naissance, une fois leurs parents retrouvés. Le plaidoyer en faveur de leur libération sera accepté par les autorités compétentes, à condition que les cautions soient payées.